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Transférons-nous notre pouvoir aux machines?

Source: Le Temps

Face aux suppressions massives d’emplois, le "futuriste" Gerd Leonhard, un des 100 leaders en innovation technologique les plus influents, craint que l’homme ne devienne de plus en plus une machine.

Ancien guitariste professionnel en Californie, Gerd Leonhard, basé à Zurich, a très tôt anticipé la quasi-suppression de l’industrie de la musique. A l’inverse du futurologue, lequel prévoit l’avenir, le futuriste rassemble des informations sur l’avenir et conseille les entreprises, dont d’innombrables médias – comme le "New York Times" – sur la meilleure manière de se préparer à l’avenir. Le 8 septembre aura lieu à Londres le vernissage de son nouveau livre, "Technology versus Humanity". Celui-ci plaide pour un comité d’éthique en technologie et la création de nouveaux droits humains, comme le droit d’être inefficient et lent, le droit d’engager des hommes plutôt que des machines et le droit d’être déconnecté.

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Le Temps: TripAdvisor, Airbnb, Google Maps nous aident quotidiennement. Pourquoi craignez-vous que nous nous transformions en machines?

Gerd Leonhard: Ces instruments ne transforment pas l’homme en machine tant qu’ils sont extérieurs à nous. Mais s’ils sont non seulement meilleurs, plus rapides et présents sur notre corps, comme le sont les technologies portables, ils se substituent aussi progressivement à notre propre cerveau. Le remplacement de la communication humaine par la machine est extrêmement rapide. Les apps de sites de rencontres évitent aux gens d’avoir à faire connaissance directement, ce qui est compliqué et exigeant, et permettent d’aller droit au but. Comme le développement technologique est exponentiel, en vertu de la loi de Moore, nous nous comporterons progressivement comme des machines dans cinq ans.

- Nous pouvons nous adapter. Pourquoi ne pas adopter une stratégie de "laisser-faire"?

- Si la technologie se développe de façon exponentielle, les problèmes de sphère privée ou de protection des données seront remplacés par des débats beaucoup plus graves. Avec les futures technologies, dans les cinq ans à venir, dans les supermarchés, les taxis et les centres d’appel, 80% des employés seront licenciés et remplacés par des machines. Les effets secondaires seront d’autant plus forts en l’absence d’argent liquide, par exemple sur le traçage des individus, la protection des données et la surveillance. Les petits soucis actuels seront mille fois plus aigus. Pensez à la manipulation du public par les réseaux sociaux! Grâce a son algorithme, le plus grand média du monde, Facebook, ne dispose que d’une dizaine de rédacteurs. Mais on parle peu des aspects humains liés aux risques de manipulation à grande échelle. Aujourd’hui, les gens estiment prendre garde à leurs informations sur Facebook, mais ils n’ont aucune idée du "comment" et du "pourquoi" de certaines informations qui arrivent sur leur fil d’actualités. Nous sommes au tout début de la courbe, mais nous externalisons déjà de plus en plus de décisions. Dans l’armement, des robots tuent des hommes sans intervention humaine. Nous sommes en train de transférer l’autorité aux machines. IBM dispose déjà d’une machine capable de décider s’il faut licencier des collaborateurs ("people analytics")…

- La destruction créatrice s’est toujours traduite par une hausse nette de l’emploi. Pourquoi s’inquiéter?

- Cette fois, il en ira autrement à cause de la capacité d’apprentissage des machines. Celles-ci n’ont plus besoin d’un humain pour les programmer. Dans la santé, des systèmes sont capables de lire toutes les analyses ayant existé sur une maladie, par exemple 500 millions d’informations, et d’en déduire une nouvelle règle thérapeutique. On crée une sorte de super-docteur qui remplacera 80% des processus utilisés par un médecin. Non seulement les machines apprennent d’elles-mêmes, mais elles sont aussi connectées à d’autres machines. Elles peuvent rendre inutiles quantité d’emplois.

- Pourquoi lancez-vous un avertissement éthique?

- Nous devons accepter les nouvelles technologies parce qu’elles nous rendent plus efficaces, plus heureux et plus rapides. J’ai une attitude fondamentalement positive à leur égard, mais nous ne devons pas devenir des machines. Si nous le devenions, nous serions amenés à préférer une relation avec une machine plutôt qu’avec un homme. L’application de rencontres me dit: "Ne fais pas ce travail, laisse-le-moi". Il en va de même de l’apprentissage des langues, bientôt rendu inutile par les applications de traduction immédiate.

- En cas de doute, au niveau de la santé par exemple, l’être humain ne préfère-t-il pas le conseil d’un autre être humain?

- C’est souvent le cas lorsque la technique n’est pas encore assez au point, par exemple avec Google Translator. Mais ces technologies seront si extraordinaires que nous les adopterons. Elles seront toujours correctes et rapides, et ne seront jamais fatiguées de nous conseiller.

- Comment rendre attentifs les groupes technologiques?

- Nous devrions rendre les entreprises responsables de leurs actes et des conséquences de ceux-ci, comme les groupes pétroliers à l’égard de leurs dégâts environnementaux. Je pense ici à la surveillance des données, à la sécurité, à la dépendance. Facebook dispose de 400 neurologues et autres scientifiques dont la mission est de trouver des moyens encore plus efficaces de rendre les gens dépendants de ce réseau social et qui font des recherches pour que les utilisateurs ne quittent pas le réseau social. Les entreprises doivent considérer ces effets comme des externalités négatives.

- Comment peut-on mettre en œuvre ce programme?

- Nous ne devrions pas accepter de créer les mécanismes qui nous rendent prisonniers et dépendants. Internet est en train de remplacer la cigarette. Je ne suis pas favorable à un interdit, mais à un équilibre. Si je permets à une entreprise d’être tellement parfaite que l’utilisateur ne la quittera pas, on entre dans le même schéma que celui des fabricants de cigarettes.

- Qu’en est-il de la protection des données?

- Nous avons aussi besoin d’une protection globale des données. Les règles pour Internet sont américaines. Donc, de facto, il n’y en a pas. Aux Etats-Unis, depuis l’attentat du 11-Septembre, il n’y a plus de protection des données pour des raisons de sécurité nationale.

- Quelle est la probabilité que les Etats-Unis cèdent leur droit à la définition du droit?

- Aux Etats-Unis, tout ce qui permet de gagner de l’argent et qui fonctionne passe avant d’autres considérations, par exemple éthiques. En Europe, c’est l’inverse. La sécurité collective, la culture, la tolérance importent davantage que les gains financiers éventuels. Si nous poursuivons sur la voie actuelle, l’avenir de l’humanité sera confié aux Américains et aux Chinois. Dans ces deux pays, tout ce qui peut être fait le sera. Le processus devient dangereux à cause de trois domaines sensibles: la manipulation génétique, l’intelligence artificielle et l’ingénierie géologique (changer la météo). Mieux vaut ne pas s’y aventurer.

- Comment introduire des comportements éthiques dans ces trois questions?

- Face à la manipulation génétique, il faut adopter le principe selon lequel seules sont admises les technologies qui ne cherchent pas à changer l’être humain. La technologie peut être bonne si elle permet d’éliminer le cancer, mais elle ne l’est pas quand il s’agit de programmer des surhommes. Une règle devrait exister qui autorise un traitement contre le cancer, mais interdit la création d’un homme de trois mètres ou un homme hybride. Nous ne devrions pas accepter de modifier un homme, par exemple avec un implant ou une interface informatique, pour qu’il travaille mieux, plus longtemps et plus vite. Nous avons des règles de non-prolifération nucléaire qui sont respectées. Il faut les reproduire dans d’autres domaines, comme l’intelligence artificielle. Nous n’en sommes pas au point de non-retour. Mais mieux vaut se décider avant le premier accident.

- Vous évoquez dans votre livre l’inégalité croissante entre des riches qui pourront se payer une forte prolongation de leur vie et des pauvres qui ne pourront pas se protéger de la malaria. Est-ce la plus grande inégalité qui nous attend?

- Si cela se produit, effectivement. Cela signifierait la fin du capitalisme. Si la manipulation génétique permet de vivre 150 ans et devient accessible à tous, pourquoi pas. Mais il est impossible d’imaginer ce qui se passerait si elle était réservée à quelques-uns. J’ajoute qu’une manipulation ne nécessite que quelques secondes, même si le développement technologique promet d’être complexe et coûteux.

- Est-ce la reprise d’un rêve de scientifique de vaincre le cancer ou de vivre 150 ans?

- Cela ne sera pas aisé contre le cancer, mais nous n’en sommes pas loin contre le diabète. La technologie permet déjà un contrôle de glucose par des lentilles de contact. Sous l’angle éthique et politique, il faut savoir si nous autorisons une personne qui souffre de la maladie d’Alzheimer à recevoir un implant, et si nous interdisons à quelqu’un désirant réfléchir plus rapidement de recevoir le même implant. Nous arrivons en effet aux limites de l’économie de marché. Dans la manipulation génétique et l’intelligence artificielle, nous sommes engagés dans une course contre la montre.

- Est-ce que la politique peut prendre en main ces sujets?

- Oui. Ces nouvelles technologies créent un nouvel écosystème qui doit être accepté par chacun de nous. Sinon, on court à l’échec. Il n’est pas possible de n’utiliser que la main-d’œuvre la meilleur marché. Nous devons créer un système de valeurs. Google dit ne pas être responsable des conséquences de l’utilisation de sa plateforme. Il en va de même du lobby des armes aux Etats-Unis à propos des décès par balle. Ils doivent pourtant se considérer comme responsables. Nous devons mettre en avant la responsabilité individuelle face à ces technologies et faire appel à l’autorégulation. Mais nous devons aussi créer une éthique. Il faut interdire les armes qui tuent sans intervention humaine. Il faut interdire que les hommes soient constitués à 80% de technologies à la suite de modifications génétiques.

- Comment réagir à un monde sans emploi pour les médecins, taxis, chauffeurs de poids lourds, journalistes?

- Il faut créer des structures dont l’existence ne dépend pas de leur succès financier. Je suis favorable au revenu de base inconditionnel. Cela permet à la personne qui le désire d’écrire un livre, de s’occuper de ses enfants ou d’aider ses voisins. C’est une activité non rémunérée. Le revenu de base inconditionnel est la seule solution face à cette évolution. Les produits et services seront toujours meilleur marché. Regardez les prix de la musique, des films, des informations, des hôtels, des taxis. A l’avenir, l’énergie sera bon marché, tout comme l’alimentation et la médecine. Nous entrerons dans le post-capitalisme parce que la société de consommation atteint ses limites.

- Les innovations n’ont-elles pas toujours été meilleur marché sans causer la fin du travail?

- L’homme, lui, devient cher. Les machines deviennent toujours meilleur marché, mais pas l’homme. C’est le point clé.

- Prévoyez-vous donc une longue déflation?

- Tout à fait. En vertu de la loi de la rareté, l’homme, le temps, l’effort, la créativité sont rares et chères, à l’inverse des machines et de ce qu’elles produisent. Une machine peut produire de la nourriture très bon marché, mais une excellente cuisine sera toujours chère. On assiste à un effet de ciseaux.

- Quelle politique économique adopter face à ces changements?

- Nous devrions réinvestir les revenus tirés des technologies et des machines dans le système. Ces gains ne doivent pas profiter uniquement aux 0,1% les plus riches. Les entreprises qui disposent de ces technologies sont en effet extrêmement profitables. Mais si un groupe technologique supprime 50% des emplois d’un secteur grâce à ses systèmes d’automatisation, il doit payer davantage d’impôts.

- Quels seront les deux domaines les plus sensibles?

- La santé et l’intelligence artificielle. Nous avançons à grands pas vers l’informatique quantique. Un super-ordinateur peut analyser nos gènes en 14 minutes et non plus une semaine, comme un ordinateur moyen. En 2025, et même sans doute avant, nous arriverons au point dit de singularité, lorsque le progrès est défini par une "supra-intelligence" en constante progression. Le risque, c’est la perte de pouvoir humain sur le progrès. Il est important de penser aux conséquences de ce développement et à son contrôle. Google, Tencent, Alibaba, Amazon, Facebook contrôlent notre vie numérique.

- Est-ce que le monde sera plus prospère dans cinq ou dix ans?

- Si nous parvenons à créer les structures permettant aux bénéfices de ces technologies d’alimenter ce nouvel écosystème, et si l’homme réussit à rester humain, nous pourrons vivre mieux, plus sainement et plus longtemps. La faim, la pauvreté, la guerre peuvent être vaincues. Mais il serait paradoxal qu’elles le soient parce que nous serions devenus des machines.

Profil
1961 Naissance en Allemagne.
1980 Philosophie et théologie à l’Université de Bonn.
1985 Musicien et professeur de musique.
1997 Entrepreneur internet.
2002 Futuriste et conférencier.

12'000 places d'apprentissage encore disponibles cette année

Source: rts

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Les jeunes Suisses préfèrent de plus en plus les études gymnasiales à l'apprentissage, rapporte la NZZ am Sonntag. Environ 12'000 places de formation d'apprentissage sont encore disponibles cette année.
Prochainement, près de 75'000 apprentis vont commencer leur formation en Suisse, mais 12'000 places restent disponibles.

La situation dans le secteur de la vente est particulièrement précaire, avec 1200 places d'apprentissage non pourvues auxquelles il faut ajouter 500 places pour des formations dans le commerce ou la coiffure.

La raison qui se cache derrière ces chiffres? De plus en plus de jeunes préfèrent le gymnase à l'école professionnelle, explique l'hebdomadaire.

Volonté de faire des études en augmentation

Le journal alémanique rappelle que dans un sondage de la Confédération effectué au printemps, un jeune sur trois non scolarisé souhaitait réintégrer une école. C'est quatre points de plus que l'année précédente.

En Suisse romande et au Tessin, 6 jeunes sur 10 disent préférer l'option du gymnase à l'école professionnelle et à l'apprentissage. En ce qui concerne les filles, c'est 50% d'entre elles qui souhaitent accéder au gymnase.

Inquiétude des entreprises

Une situation qui commence à inquiéter les entreprises, relève la NZZ am Sonntag. Pour nombre d'entre elles, cette tendance affecte les efforts de l'économie dans son ensemble et la préservation du double système éducatif.

Les associations industrielles se plaignent quant à elles du développement en cours. Selon Gastrosuisse, la diminution constante du nombre d'apprentis aggrave la pénurie de travailleurs qualifiés dans le secteur de l'hôtellerie. L'association du secteur de la viande critique pour sa part les parents qui "trop souvent, invitent les jeunes à choisir la voie des études."

Une "chute de prestige"

Interrogé dans la NZZ am Sonntag, Martin Oppliger, de l'association pour la formation Aprentas, estime non seulement qu'il y a de moins en moins de jeunes en fin de scolarité obligatoire, mais aussi que le prestige de l'apprentissage est en train de chuter.

L'école est perçue comme meilleure que le travail et la théorie plus importante que la pratique, ajoute-t-il.

Des prédictions difficiles à réaliser

Les adolescents sont conscients qu'un apprentissage signifie souvent davantage de travail, moins de temps libre et de vacances, et une responsabilité plus grande que celle que peuvent avoir des gymnasiens.

La question est donc de savoir si à l'avenir, il sera possible d'attirer les jeunes dans les filières éducatives traditionnelles ou si au contraire, la tendance se poursuivra. Une question ouverte sur laquelle les autorités continuent à plancher, conclut la NZZ am Sonntag.

Comment le dropshipping permet de devenir millionnaire à 20 ans

Source: rts/boi

A 22 ans, le Vaudois Yomi Denzel est une star du e-commerce. Il est devenu millionnaire en moins d’un an et compte près de 200'000 abonnés sur Youtube grâce à un credo encore méconnu, le dropshipping.
En début d’année, Yomi Denzel a publié une vidéo intitulée "D’étudiant fauché à millionnaire", dans laquelle il raconte son histoire. Elle a fait le buzz sur internet et totalise près de 2 millions de vues.

La raison du succès de ce jeune Vaudois est le dropshipping, une méthode de commerce en ligne qui consiste à créer un site vitrine, puis à repérer des produits sur les catalogues des grandes plateformes telles que AliExpress, Amazon ou BigBuy, et enfin à les mettre en vente en ciblant la bonne clientèle au moyen de publicités 2.0.

Ce business modèle permet de se lancer avec un capital de départ limité, sans gérer les stocks ni les livraisons.

Des formations à 1'000 francs

Aujourd’hui, le succès de Yomi Denzel fait rêver les 190'000 abonnés de sa chaîne Youtube, un nombre qui ne cesse d'augmenter. Il vend des formations à 1000 francs et organise des conférences qui affichent complet, en Suisse et en France.

Le 24 mars dernier, à Genève, plus de 1000 personnes étaient venues l’écouter lors de l’une de ses conférences donnée au Bâtiment des Forces Motrices. Un public essentiellement jeune, avide de suivre ses conseils pour atteindre rapidement leur objectif: devenir riche et changer de vie.

Sans bureau et sans patron

Car l’un des buts affichés est de sortir de la "rat race", à savoir la "course des rats", c’est-à-dire le fait de passer sa vie à la gagner. Mais derrière cette envie de faire fortune se dessine surtout un souhait: celui de vivre plus librement, sans bureau et sans patron.

Le dropshipping est-il une tendance durable? Yomi Denzel en est convaincu: tant qu’il y aura des acheteurs en ligne, il n’y a pas de raison que le filon se tarisse.

L’an dernier, selon une étude de l’Association de vente à distance (ASVAD), les Suisses ont dépensé près de 10 milliards de francs en ligne, en hausse de 10% par rapport à 2017.

 

La banque UBS pourra-t-elle déduire son amende des impôts?

source: rts

Jugée à Paris pour "démarchage bancaire illégal" et "blanchiment aggravé de fraude fiscale", UBS a été condamnée mercredi à une amende record en France de 4,2 milliards de francs et 908 millions de francs en dommages et intérêts. Soit 5,1 milliards de francs à payer.

A peine prononcée, la sanction a déjà fait réagir des parlementaires, qui souhaitent venir au secours de la banque, annonce dimanche la SonntagsBlick. Ces élus s'appuient sur la Loi fédérale sur le traitement fiscal des sanctions financières, dont la modification en vue d'une non-déductibilité des amendes infligées à l'étranger est discutée depuis plus de deux ans entre le Conseil national et le Conseil des Etats qui se renvoient la balle.

L'une des propositions mise sur la table par l'UDC et le PLR veut rendre les amendes déductibles dans certaines circonstances, notamment lorsque la société sanctionnée à l'étranger n'a commis aucun acte qui serait punissable en Suisse, ou que la sanction dépasse le maximum prévu par le droit Suisse.

Un verdict "scandaleux" et "politique"

Interrogé par la RTS, le conseiller national PLR genevois Christian Lüscher considère qu'il s'agit d'une question d'égalité de traitement et de compétitivité. "Les sociétés étrangères actives dans notre pays, pour les mêmes faits, ne risquent que des sanctions légères." En Suisse, l'amende infligée à UBS par la France se serait élevée à un million au maximum, estime l'avocat genevois, qui a été l'un des initiateurs de cette proposition, avec l'UDC zurichois Thomas Matter.

Pour ce dernier, "le verdict [contre UBS] est scandaleux et de toute évidence motivé par des raisons politiques", a-t-il affirmé dimanche dans les colonnes de la SonnagsBlick.

La gauche choquée

"Aucun parlementaire suisse n'a à intervenir sur les décisions de justice prise par un pays souverain", s'indigne la conseillère nationale PS Ada Marra, soulevant le paradoxe de l'UDC, qui ne "supporterait pas qu'un pays tiers se mêle de la justice interne de la Suisse".

La Vaudoise se dit par ailleurs choquée de cette proposition, qui voudrait que la collectivité suisse assume les fraudes bancaires. "C'est Monsieur et Madame tout le monde qui pourraient perdre des prestations publiques pour des banques qui ont fraudé à l'étranger et qu'ils ont déjà sauvée en 2008", ajoute la vice-présidente du PS.

L'objet, qui avait été renvoyé par le Conseil national en septembre dernier, sera discuté le mercredi 6 mars aux Etats. Pour Christian Lüscher, la lourde amende d'UBS va sans aucun doute peser sur les discussions.

Le Tribunal fédéral pourrait affaiblir UBS France

Condamnée mercredi à une amende record, UBS a annoncé sans attendre qu'elle ferait appel. Selon la première banque privée du monde, "la condamnation n'est étayée par aucune preuve concrète". Jusqu'à présent, aucun témoin n'a en effet déclaré avoir été persuadé par des banquiers d'UBS en France de déposer leur argent non taxé en Suisse. Une situation qui pourrait changer, si le Tribunal fédéral acceptait de livrer au fisc français les données de quelque 45'000 comptes de clients français.

Ces données provenant d'un CD reçu du parquet de Bochum en Allemagne avait incité la France à effectuer une demande d'entraide avec la Suisse, estimant que parmi ces comptes, une grande partie n'étaient pas déclarés. Les services d'Ueli Maurer au Département fédéral des finances avaient alors autorisé la livraison des noms des détenteurs de ces comptes. Mais UBS a recouru et obtenu gain de cause au Tribunal administratif fédéral.

Mais un recours déposé par l'Administration fédérale des contributions est toujours pendant au Tribunal fédéral. Si l'entraide est accordée, cela pourrait apporter les éléments à charge contre UBS et l'affaiblir dans sa bataille judiciaire toujours ouverte en France. Selon la SonntagsZeitung, une décision devrait être prise "ces prochains jours ou prochaines semaines".

Youtube, nouvel outil pour sensibiliser les jeunes à la littérature

source: rts

Les codes des youtubeurs à l'école: le booktube est une manière de rendre compte d'un livre dans une séquence vidéo.

émission "Vertigo" (2016)

Utiliser les codes d’internet pour intéresser les jeunes à la littérature, voilà le pari que font de plus en plus d’enseignants romands. Le "Booktube" a fait son entrée dans les classes avec succès.

Le mot "Booktube" vient de la contraction des mots "Book" (livre en anglais) et YouTube. Il s’agit de courtes critiques littéraires filmées destinées à être diffusées sur internet. Cette activité fait son entrée dans les classes romandes où les enseignants cherchent des moyens pour dynamiser les cours de français.

Ces deux dernières années, la HEP Vaud a formé environ 120 enseignants à la pratique du "Booktube". Afin d’inciter les établissements scolaires à franchir le pas, elle organise aussi le concours Booktubers, dont la remise des prix aura lieu au Salon du livre de Genève.

"Le Booktube permet de diversifier les activités liées à l’enseignement de la lecture et de la littérature en faisant des ponts entre la culture adolescente et l’école", explique Vanessa Depallens, responsable du concours, lundi dans le 19h30.

Travailler l’expression orale

Écrire son texte, le répéter, se filmer, faire du montage: le "Booktube" permet aux élèves de travailler des compétences variées. La pratique de l’expression orale et du texte argumentatif sont notamment mises en avant avec cette activité.

Sophie Dunant, qui a tenté le "Booktube" avec sa classe de 9H à Genolier, dans le canton de Vaud, se dit très satisfaite par son expérience: "Je conseille à mes collègues d’essayer! On a peut-être moins la maîtrise comme enseignant, mais c’est un beau travail de collaboration qui valorise les élèves."

En Suisse romande, le "Booktube" séduit toujours davantage dans les écoles. La HEP Valais par exemple a elle aussi franchi le pas et propose des formations continues à ses enseignants.

La campagne de l'initiative pour une Suisse sans pesticides est lancée

Sources: rts/ats/gma

Le comité en faveur de l'initiative "Pour une Suisse sans pesticide de synthèse" a lancé sa campagne lundi à Berne. La population devrait s'exprimer dans les urnes sur ce sujet en 2020.

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Le problème des pesticides n’est pas seulement un problème agricole, mais affecte tout le monde, indique le comité dans un communiqué. "Nous ne voulons plus être exposés aux pesticides synthétiques, qui ont un impact sur notre santé et notre environnement", est-il écrit.

Ces produits tuent sans distinction même les espèces utiles comme les abeilles et d’autres pollinisateurs à l'instar des oiseaux. Au final, les pesticides arrivent aussi dans nos assiettes, explique ensuite le comité.

Les initiants voient dans une interdiction des pesticides des avantages non seulement pour la santé, mais aussi pour l'économie. L'objectif est un changement structurel, déclare Joël Thiébaud, du comité directeur. Le label "Swiss Made" sortirait grandi de ce processus, ce qui profiterait également aux exportations et au tourisme.

Dix ans pour changer

La liste des interdictions comprend le glyphosate ou les néonicotinoïdes, un insecticide dangereux pour les abeilles. Des substances comme le sulfate de cuivre seraient toujours autorisées, même dans l'agriculture biologique. L'utilisation d'engrais resterait admissible.

L'initiative laisserait une période de dix ans à l'agriculture pour changer sa pratique. La Confédération est également incitée à soutenir l'agriculture pendant cette délicate transition.

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